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Ils ont sillonné la planète pendant plusieurs semaines pour bonifier l’offre d’hébergement et véhiculer nos valeurs. Nous sommes heureux de voir revenir nos explorateurs de leurs missions. Découvrez notre série d’entrevues avec les ambassadeurs de Village Monde.

Si vous pensiez qu’il fallait faire 10 h d’avion pour être dépaysé, le récit de Guillaume risque de vous surprendre! Responsable du développement réseau chez Village Monde pendant 1 an, dans le cadre de son service civique, Guillaume est passé à travers le processus de sélection des explorateurs comme tout le monde. Et c’est… au Canada qu’il est parti 6 semaines. Récit d’un voyage en terres autochtones au Yukon et en Colombie-Britannique.

Guillaume, parle-nous de ton séjour.

Je suis parti 6 semaines dans l’Ouest, d’abord au Yukon, puis en Colombie-Britannique où j’ai pu explorer Vancouver, l’île de Vancouver et l’archipel d’Haida Gwaii (anciennement appelée les îles de la Reine Charlotte). En tout j’ai visité 18 hébergements, tous reliés aux communautés autochtones. Ayant toujours été passionné par l’histoire des Premières Nations, cette exploration a été une incroyable opportunité pour approfondir mes connaissances de leur riche culture.

Est-ce que les enjeux écoresponsables sont présents?

Puisque la plupart des hébergements que j’ai visités sont construits selon des méthodes ancestrales, ce sont des matériaux locaux (par exemple le cèdre) qui sont utilisés. Parfois, c’est même sans machinerie de construction que les hébergements ont été bâtis. Au Yukon surtout, il n’y a pas d’électricité ni d’eau courante, donc aucune surutilisation de ces ressources! Et presque partout, la nourriture était de provenance locale (viande de chasse, saumon frais pêché, légumes racines, banniques, etc.)! En fait, l’aspect écoresponsable est très ancré, puisque ce sont des techniques et des modes de vie millénaires!

Lac Kluane, Yukon
Crédit photo: Guillaume Dartigue-Peyrou

Quelles sont les différences entre les provinces?

Sur l’île de Vancouver, le tourisme autochtone est déjà très développé. Les hébergements sont tous accessibles par la route, les standards de confort sont plus élevés. Et par le fait même, la réalité autochtone était plus intégrée dans les communautés, avec beaucoup de promotion par l’art notamment (sculpture de totem, peinture, travail de la pierre). Des associations existent déjà et sont très impliquées pour faire connaître le tourisme culturel des premières nations. Cela fonctionne tellement que certains artistes sont reconnus mondialement et vendent leurs œuvres à l’étranger. Un hébergement fait d’ailleurs l’objet d’une recommandation du National Geographic le « Spirit Bear Lodge » (on peut y observer des Spirit Bears; des ours noirs avec un gêne récessif qui fait qu’ils sont blancs). C’est un contraste avec le Yukon, qui en est à ses débuts en matière de tourisme autochtone, avec une approche plus axée sur la nature, hébergement rustique plus reculé dans des panoramas à couper le souffle; et activités traditionnelles : cours de langues autochtones; fabrication de tambour, masques et outils, tour des lignes de trappes, tannage des peaux, fabrication de couteaux. Dans un cas comme dans l’autre, ce qui ressort, c’est une fierté de la culture et des valeurs autochtones, et une volonté de les faire découvrir aux touristes. L’autre point commun, c’est que chaque projet d’hébergement permettait de redonner le pouvoir à la communauté, en pérennisant un revenu qui permettait de développer les lieux et permettait aussi aux autochtones d’être fiers de leur culture.

Sculpture d’un totem en argilite par Myles Edgars, Haida Gwaii
Crédit photo: Guillaume Dartigue-Peyrou

Un moment marquant de ton séjour?

Il faut que je parle d’Haida Gwaii ! Imaginez une île mystique, isolée au large de la côte ouest du nord de la Colombie-Britannique, composée d’anciennes forêts pluviales tempérées, une faune et flore époustouflantes et des milliers d’années de traditions de culture et d’histoire autochtone. Au cœur de cette île se trouve le parc Gwaii Haanas, qui grâce à la nation Haida a été désigné plus beau parc national d’Amérique du Nord, devant Yellowstone même! En effet, il y a 25 ans, un groupe dirigé par la nation Haida s’est opposé pacifiquement à la déforestation du sud de l’île. Pendant que certains étaient sur place pour faire bloc, toute la Nation s’organisait pour les supporter notamment par l’envoi de nourriture et de fournitures sur place. Leur engagement a permis la ratification de l’Accord Gwaii Haanas qui stipule la protection de la terre, de la mer et de l’histoire de cette zone naturelle.

Cette année marquait le 25ème anniversaire de la création de Gwaii Haanas mais également le dévouement de ceux sans qui rien de tout cela ne serait arrivé. Une cérémonie privée et donc non ouverte au public a été organisée en leur honneur. Seulement 2 non-autochtones ont été invités et j’ai eu l’immense privilège d’en faire partie.

Ce que tu retiens de ton exploration?

Ma chance pendant cette exploration, c’est d’avoir rencontré et pu discuter avec énormément de gens. Des artistes, des chefs autochtones, des propriétaires d’initiatives touristiques, etc. Tous m’ont raconté leur histoire, à travers leur réalité. J’ai notamment pu apprendre beaucoup sur les enjeux autochtones politiques et sociaux contemporains, ce qui a donné une autre dimension et beaucoup de sens aux connaissances historiques que j’avais déjà. En ce sens, je ne saurais que vous conseiller de faire l’expérience d’un de ces hébergements et de vous immerger dans des millers d’années de culture et de connexion avec la nature.


Coucher de soleil sur la plage Incinerator Rock , Vancouver Island
Crédit photo:Guillaume Dartigue-Peyrou

« Au-delà de l’exploration ». C’est la devise des explorateurs cette année. Et Guillaume saura vous dire qu’au-delà de l’exploration, il a fait des rencontres incroyables, vécu des expériences presque mystiques en terres autochtones, et ressenti la puissance de la Nature et des éléments. Mais surtout, il a trouvé un lieu qui a fait prendre tout son sens au terme Koa’Tzih’, qui en langue Kaska signifie, « Welcome Home ».

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Envie d’en savoir plus sur le tourisme autochtone? Explorez le site d’Autochtone Canada

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